vendredi 16 novembre 2007

AaRON

Cette fois, le sort en est jeté, ce n'est pas lui qui remportera le Prix Constantin 2007, mais il demeure indéniablement mon chouchou (il faut dire que j'ai trouvé la sélection décevante cette année, contrairement au cru 2006 ;-))! Une voix rauque, juste ce qu'il faut, qui me fait un peu penser au chanteur de Coldplay, des rythmes lents qui savent apprivoiser l'oreille , et une envie irrésistible de me jeter dès que possible sur son album Artificial animals riding on neverland dont vous pouvez écouter des extraits sur son site officiel. En attendant, celle-ci s'appelle U turn (Lili) et c'est cadeau !

jeudi 15 novembre 2007

Drôle de dame



Un bel après-midi d'automne, une escapade hors du bureau, le pas qui s'allonge pour monter la prochaine côte, les soleil qui me réchauffe agréablement le dos...et soudain une silhouette qui accroche le regard. La beauté altière de la Dame sur son mur de cimetière, image du passé, collage sans signature. Elle est singulière avec son menton volontaire et cette attitude bien campée sur ses jambes comme un défi lancé au monde entier, il ne faut pas la chercher !
J'aimerais qu'elle me raconte son histoire : est-ce qu'elle était agacée par les atermoiements du photographe ? la maison d'en face épargnée par la guerre aurait-elle pu être la sienne ? Est-ce que sa photo dormait dans une vieille malle au grenier ? Est-ce qu'elle s'appelle vraiment Martine ?

jeudi 1 novembre 2007

Chanson de circonstance



Une pause, les langueurs automnales, l'envie de se blottir un peu plus profondément dans le canapé, la brume qui accroche ses nuances de gris aux lampadaires...l'imagination qui s'emballe et la voix du grand Jacques...

"Cocher lugubre et bossu, déposez-moi au manoir... et lâchez ce
crucifix ! Décrochez-moi ces gousses d'ail qui déshonorent mon portail
et me cherchez, sans retard, l'ami qui soigne et guérit la folie
qui m'accompagne et jamais ne m'a trahi : Champagne!!"


Bah, je l'aime bien ma folie, finalement Jacques, alors chante encore et repasse-moi le champ' tu seras un amour...

dimanche 21 octobre 2007

Personnages éphémères

J'ai toujours été fascinée par les oeuvres d'Ernest Pignon-Ernest, pour leur qualité graphique, certes, mais aussi pour la puissance des émotions qu'elles évoquent en moi.

" ...au début il y a un lieu, un lieu de vie sur lequel je souhaite
travailler. J'essaie d'en comprendre, d'en saisir à la fois tout ce qui
s'y voit : l'espace, la lumière, les couleurs... et, dans le même
mouvement ce qui ne se voit pas, ne se voit plus : l'histoire, les
souvenirs enfouis, la charge symbolique... Dans ce lieu réel saisi
ainsi dans sa complexité, je viens inscrire un élément de fiction,
une image (le plus souvent d'un corps à l'échelle 1).
Cette insertion vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire, en révéler, perturber, exacerber la symbolique..."


Ces merveilles éphémères, déposées comme un cadeau sur les murs des villes, sans les dégrader, révélant l'âme des lieux ont toujours eu un grand pouvoir d'attraction sur moi, comme son Gainsbourg qui trône encore dans le couloir, dernier souvenir de ma chambre d'étudiante...
La plus connue de ses oeuvres est sans doute le cultissime Rimbaud qui a fleuri sur les murs de Paris et d'ailleurs.


Et puis un soir que je traînais mon blues du côté de la Porte des Lilas, je suis tombée sur celui-ci, ou l'un de ses frères, encore plus prostré...et j'ai cru pendant quelques secondes que c'était quelqu'un qui avait besoin d'aide, je me suis même approchée de la cabine pour voir si je pouvais faire quelquechose pour apaiser cette douleur...



Et il y a quelques mois, à mon plus grand ravissement, comme je me promenais sur les docks de Brest à la recherche d'un vieux gréement, au détour d'un bâtiment désaffecté, je suis tombée sur cette scène, je n'en croyais pas mes yeux, j'ai tout de suite reconnu la patte du maître bien que n'ayant aucune culture artistique, un vrai Ernest Pignon-Ernest, chez moi ! Je suis restée au moins 1/4 d'heure à l'admirer...hélas je n'avais pas encore mon APN. Heureusement d'autres ont eu plus de chance, merci le Net ! Vous aussi ça vous évoque une crucifixion ? Ou plutôt quelqu'un qu'on décroche d'une croix, non ?



Dans le même esprit nous avons un artiste local que j'aime beaucoup lui aussi, il s'agit de Paul Bloas, j'ai commencé à voir ses grandes silhouettes noires sur les arches des ponts il y a une vingtaine d'années, je les trouvais impressionnantes mais un peu sinistres...mais là aussi quelle force dans l'évocation des émotions !

"...le travail de Bloas, par contraste est émouvant de tact, utilisant des matériaux offerts par des plantes périssables, inoffensifs à notre pierre de mémoire, il nous a fait un cadeau discret d'une caresse, d'un effleurement, d'un souffle.

Et ce que cet attouchement non agressif libère en conséquence, c'est l'âme de nos morts - qui doit exister quelque part - et émue, revient, descend, reprend le tramway. Non, rien n'a changé, tout est éternel face à ce seul éphémère que j'ai compris maintenant, maintenant seulement grâce à Bloas : la domination, l'arrogance. Main basse sur ma ville. Main basse sur quelques millions d'âmes !" (Fady STEPHAN «Impressions» L'Orient - Le Jour, vendredi 3 juin 1994)


Depuis, il y a mis un peu de couleurs mais c'est toujours le même sourire qui apparaît sur mes lèvres quand sur un mur improbable je découvre ces silhouettes qui me font bondir le coeur.

samedi 15 septembre 2007

Balade au bout du monde...



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La presqu'île de Crozon un beau dimanche d'arrière-saison, mon pays et son coeur de granit...tout ce que j'aime !

dimanche 2 septembre 2007

Partir...revenir...

Je me demande après quoi tu cours de port en port. Jusqu’à faire de ta vie une longue angoisse entre deux brèves périodes de calme. Tu ne tiens pas en place, toujours un voyage à faire, un bateau sur lequel embarquer, un concert auquel assister, parfois à l’autre bout du pays (et quand ce pays est Bushland, je vous laisse imaginer combien de kilomètres cela représente). Souvent tu me morigènes « Mélisse, il faut faire ça maintenant, le temps nous est compté et ce n’est pas quand on sera grabataire… ». Certes. Mais je ne serai pas grabataire (en tout cas pas tout de suite et si c’est le cas, achevez-moi) et je me plais à penser que le meilleur est toujours pour demain. Chaque âge a ses envies et ses bonheurs et, quant à moi, je ne me définis pas par ce que je fais mais bien par ce que je suis. Et puis faire des choses parce qu’il faut les faire…quel intérêt ? Je préfère être surprise par la vie et saisir les opportunités au vol, ça donne aux choses plus de saveur.
Tu finis toujours par revenir pourtant, sans souvenir ébloui à raconter, juste un pays à rayer sur ta liste (et oui, tu fais des listes…), tu t’enfermes alors chez toi, vivant avec les volets fermés même par le plus radieux des matins. Un autre genre de fuite…
Tu me diras que si tu es heureux comme ça c’est ce qui importe (mais la notion de plaisir semble tellement étrangère à tout cela…), que moi je suis toujours à chercher des raisons aux choses et que c’est fatigant et tu auras sans doute raison, c’est juste que je m’inquiète pour toi. On se connaît depuis longtemps maintenant mais on vit en parallèle dans des univers tellement différents qu’il est parfois difficile de communiquer…on s’aime bien pourtant. Deux drôles de personnes avec une drôle de vie.
Bonne chance pour demain !

vendredi 17 août 2007

Brest Côté Faces

Une drôle d’exposition se tient encore pour quelques jours en plein cœur de la ville. Création du photographe Brestois Dominique Leroux, celle-ci met en scène 1349 brestois (et un chien), ceux qu’il a côtoyé, de près ou de loin, durant les 48 dernières années. Les 864 photographies sur lesquelles ils figurent sont exposées Place de la Liberté jusqu’à la fin du mois.



Comme le dit le chanteur Christophe Miossec (photographié lui aussi), on peut se demander « si quelque part une ville façonne ses habitants » il ressort de tout ceci une certaine homogénéité dans la diversité, de vrais humains quoi (comme on dit ici) et Miossec de conclure « on n’est pas tout gris, on n’est même pas morts »…

Pour avoir un aperçu de l'endroit, je vous invite à consulter la WEBCAM (on entend même les goélands et on aperçoit les photos ;-))