dimanche 2 septembre 2007

Partir...revenir...

Je me demande après quoi tu cours de port en port. Jusqu’à faire de ta vie une longue angoisse entre deux brèves périodes de calme. Tu ne tiens pas en place, toujours un voyage à faire, un bateau sur lequel embarquer, un concert auquel assister, parfois à l’autre bout du pays (et quand ce pays est Bushland, je vous laisse imaginer combien de kilomètres cela représente). Souvent tu me morigènes « Mélisse, il faut faire ça maintenant, le temps nous est compté et ce n’est pas quand on sera grabataire… ». Certes. Mais je ne serai pas grabataire (en tout cas pas tout de suite et si c’est le cas, achevez-moi) et je me plais à penser que le meilleur est toujours pour demain. Chaque âge a ses envies et ses bonheurs et, quant à moi, je ne me définis pas par ce que je fais mais bien par ce que je suis. Et puis faire des choses parce qu’il faut les faire…quel intérêt ? Je préfère être surprise par la vie et saisir les opportunités au vol, ça donne aux choses plus de saveur.
Tu finis toujours par revenir pourtant, sans souvenir ébloui à raconter, juste un pays à rayer sur ta liste (et oui, tu fais des listes…), tu t’enfermes alors chez toi, vivant avec les volets fermés même par le plus radieux des matins. Un autre genre de fuite…
Tu me diras que si tu es heureux comme ça c’est ce qui importe (mais la notion de plaisir semble tellement étrangère à tout cela…), que moi je suis toujours à chercher des raisons aux choses et que c’est fatigant et tu auras sans doute raison, c’est juste que je m’inquiète pour toi. On se connaît depuis longtemps maintenant mais on vit en parallèle dans des univers tellement différents qu’il est parfois difficile de communiquer…on s’aime bien pourtant. Deux drôles de personnes avec une drôle de vie.
Bonne chance pour demain !

4 commentaires:

ar valafenn a dit…

Il ne serait pas un peu angoissé par le fait de vieillir, juste un peu ? (perso, je le suis plus par la mort que par la vieillesse)...
Le meilleur est pour demain...
Sûrement as-tu raison. A 20 ans, je me disais que le meilleur, c'était la 20taine, qu'après, je serai un vieux. Maintenant, je me dis que c'est la 30taine... Dans quelques années, je me dirai sûrement que c'est la 40taine... C'est bon signe finalement, non ?
Enfin, en même temps, 'suis pas sûr qu'on se dise encore la même chose à 80 ans...

Mélisse a dit…

Si, vieillir l'angoisse (en même temps quand je l'ai connu il avait déjà 32 ans alors je ne peux pas comparer avec son adolescence...). En ce qui me concerne, ni la vieillesse ni la mort ne me font peur, c'est la maladie et la souffrance qui me terrifient, je ne veux pas être dépendante, perdre la tête...
Quand j'aurai 80 ans et si je ne suis pas impotente, j'espère être sereine, me dire que finalement je serais venue au bout de cette vie sans trop de casse, j'espère...
Mais finalement je suis plutôt quelqu'un qui vit dans le présent, je n'ai ni regrets, ni attentes, j'essaie de profiter de ce que j'ai en ce moment. Un commencement de sagesse qui vient avec la quarantaine ?

yoghill a dit…

Assez d'accord avec toi, concernant la vieillesse et la mort, ça me fait écho en ce moment car ma mère a eu de gros soucis ces dernières semaines, on craint qu'elle ne retrouve plus l'autonomie qu'elle avait avant et du coup, je m'imagine dans le même cas plus tard et franchement devoir être dépendant des autres ne m'attire pas du tout...
Et vivre dans le présent, c'est mon truc aussi, de toutes façons quand je réfléchis sur l'avenir, ça me fait flipper donc c'est pas la peine d'en rajouter :-)

Mélisse a dit…

On a tendance à se projeter dans l'avenir quand on voit la santé de nos parents se détériorer, on est malheureux pour eux, on ne sait pas forcément gérer tout cela émotionnellement et en plus on se dit que la prochaine série est pour nous...pas facile à vivre !
J'espère que ta mère va mieux ;-)