dimanche 19 octobre 2008

Changement de cap ?



"Je suis un être de fuite, je suis un être des lointains, le jour se lève je pars..."
C'est ainsi que Jean d'Ormesson définissait le Juif Errant dans son livre éponyme. J'aurais pu le dire aussi. Je ne connais de salut que dans la fuite. J'ai le malheur d'être d'humeur à la fois mélancolique et optimiste, un coeur fragile protégé par un orgueil en béton armé. J'ai toujours l'espoir que la vie sera plus belle ailleurs, que mes problèmes sont conjoncturels...alors je pars. Quitter avant d'être quittée. Je ne parle même pas d'amour là, dans ce domaine j'ai besoin d'une stabilité qui n'a pas les faveurs de l'époque, tant pis. Si la solitude en est le prix j'en accepte l'augure. Attacher sans enchaîner s'est pourtant la plus belle façon d'aimer, non ? Bref.

Ce blog est en jachère depuis quelques mois, la faute à une ébullition professionnelle qui n'est pas à la veille de s'arrêter mais qui s'achèvera pourtant, quand le moment sera venu pour moi d'être mutée. Cruelle destinée que de passer sa vie à mettre des structures en place pour s'en aller quand elles commencent à tourner. J'aimerais avoir du temps pour pouvoir proposer de vraies améliorations, de vraies innovations, plutôt que de toujours travailler dans l'urgence, mettre un emplâtre sur une jambe de bois ce n'est pas de la médecine. Crise de la quarantaine sans doute qui me fait m'interroger sur l'intérêt de perdre sa vie à la gagner,sur l'urgence de se bâtir un avenir, d'avoir des projets autres que professionnels plutôt que de ne rien entreprendre dans l'attente du prochain appareillage. Vivre dans une valise c'est bien, mais juste pour les vacances.

Alors partir, oui. Une bonne fois. Changer de vie. Retrouver l'enthousiasme des débuts, se concentrer sur le coeur de son nouveau métier sans qu'il soit pollué par des tâches périphériques. La croisée des chemins. Un regard en arrière ? Sans doute, 23 ans ce n'est pas rien, et combien de milliers de personnes rencontrées (oui c'est beaucoup, mais je ne dois pas être loin du compte)? Des gens qui m'ont fait grandir. Oui, même ceux que j'ai détesté du plus profond de mon âme, ceux-là aussi ils m'ont été utiles, parce qu'ils m'ont endurcie. Quant aux autres...,sourire. Je vous parlerai d'eux un jour.

Mon dossier est parti depuis 15 jours. Inch'Allah.
Demain je reprends le boulot.
See you soon.

5 commentaires:

Peter a dit…

J’ai raté ce post qui peut-être explique ton « absence » - d’autres préoccupations que de blogger ! Comment vont les choses aujourd’hui ? Toujours « en fuite » ? :-)

J'étais très content d'avoir trouvé ton blog et j'espère que tu vas bientôt reprendre sérieusement!

Mélisse a dit…

Tu n'avais rien raté, je l'ai mis en ligne cette semaine, mais visiblement c'est la date d'enregistrement du 1er brouillon qui reste en mémoire ;-).
Je ne sais pas comment vont les choses, elles vont, c'est déjà ça.
Je n'ai pas l'intention d'abandonner complètement cet espace, il me reste à trouver un peu de temps et un peu d'inspiration, j'y travaille ;-). Merci à toi de passer me rendre une petite visite.

Peter a dit…

Juste pour dire que j'ai vu ta réponse. Je suis sur que l'inspiration viendra bientôt!

ar valafenn a dit…

Aïe, voilà qui m'interpelle on ne peut plus... Je m'y retrouve beaucoup. Je m'apprête à sauter sans filet... en quittant ds 15 jours un job sans rien avoir trouvé après (pas de chômage non plus puisque c'est une dém'). Mais ce job était l'exacte opposée de ce à quoi j'aspire.
Sais-tu quand tu auras une réponse sur cette mutation ? Bonne chance et bon vent, en tout cas !

Mélisse a dit…

Ar Valafenn> Ouch, tu prends beaucoup plus de risques que moi, je ne pense pas que j'oserais partir sans assurer mes arrières... C'est toi qui as raison pourtant, lorsqu'on n'est pas bien quelque part, mieux vaut partir avant d'être complètement aigri.
Je ne sais pas quand j'aurais la réponse, et puis il y aura encore un entretien à passer...ce n'est pas gagné vu le nombre de candidats !
Bonne chance à toi !